LE BILLET DU MOIS D'AOÛT 2006
Astronomie en vrac
Extrait Ciel Espace - mai 2006
 STARDUST SÈME LE TROUBLE

L'analyse des premiers grains cométaires rapportés sur Terre par la mission Stardust a créé la surprise : ces particules issues de la comète Wild 2, survolée en janvier 2004, contiennent de l'olivine, un silicate de fer et de magnésium. Or, l'olivine ne se forme qu'à des températures de l'ordre de 1100ºC, ce qui suppose que la comète Wild 2 — a priori originaire du lointain et froid nuage d'Oort, situé aux confins du Système solaire — a été fortement chauffée. Faut-il en déduire que les comètes se sont formés près du Soleil avant de migrer vers la périphérie du Système solaire ?



Les grains de la comète Wild 2 contiennent de l'olivine (photo de droite) un minéral ne se formant qu'à haute température.

Par ailleurs, la sonde Stardust, toujours dans l'espace, pourrait se voir confier une nouvelle mission : rejoindre Tempel 1, la comète percutée par le "boulet" de Deep Impact le 4 juillet 2005. L'objectif est d'observer le cratère creusé lors du choc, qui était resté caché par la poussière dégagée. Si la Nasa donne son feu vert à cette manoeuvre peu coûteuse, Stardust pourrait atteindre Tempel 1 en 2010.


 AVIS DE TEMPÊTES SOLAIRES

En pleine période de Soleil calme, le Centre national de recherche atmosphé- rique des États-Unis estime que le prochain maximum d'activité solaire (autour de 2011) dépassera de 30 à 50 % le précédent. Les éjections de particules chargées qui en résulteront devraient donc provoquer des perturbations de réseaux électriques. Toutefois, grâce au satellite Soho, il sera sans doute possible de se préparer à ces orages magnétiques, en les repérant lorsque les taches solaires qui en sont l'origine se trouvent encore sur l'hémisphère caché. Voir de l'autre côté du Soleil devient en effet possible grâce à l'instrument MDI (Michelson Doppler Imager), par détection des ondes sonores se propageant à travers le Soleil lorsqu'une tache se forme. Cette technique permet de reconstituer l'état de la face cachée du Soleil 27 jours avant qu'elle ne devienne apparente.


 LE MÉTHANE INTERMITTENT DE TITAN

Le méthane présent dans l'atmosphère de Titan, qui provient sans doute de son sous-sol, aurait été libéré au cours de trois épisodes distincts, selon la modélisation conduite par le Français Gabriel Tobie. Les deux premiers épisodes seraient liés à la formation et à la mise en mouvement du noyau du satellite de Saturne. Ils auraient donné lieu à un important dégazage généralisé — au point de créer des océans de méthane en surface, évaporés depuis. — Le plus récent aurait débuté il y a 2 milliards d'années. Provoqué par le refroidissement du sous-sol de Titan et la lente cristallisation de son océan souterrain, il aurait favorisé l'apparition de cryovolcans.


NAINES BRUNES
Une nouvelle voisine, deux poupons à la pesée

Les naines brunes, ces étoiles "ratées" trop peu massives pour s'être allumées, ont fait en mars l'objet de deux découvertes. Grâce au VLT (Very Large Télescope - Chili), une équipe internatio- nale a repéré l'une de nos voisines : une naine brune située à seulement 12,7 années-lumière de la Terre (c'est la troisième plus proche). Par ailleurs, des chercheurs américains ont détecté une paire de très jeunes naines brunes — âgées de seulement 1 million d'années ! — dans la nébuleuse d'Orion. L'orientation de ces objets a permis de suirvre leurs éclipses mutuelles et d'en déduire leurs orbites. De ces observations, on a pu déterminer leur taille et leur masse respectives. Une première ! Verdict : elles sont presque aussi grosses que notre Soleil, mais leur masses ne représentent que 5,5 et 3,5 % de la sienne. Ce résultat vient confirmer la théorie selon laquelle, à leur naissance, les jeunes naines brunes ont une taille similaire à celle du Soleil, mais qu'une fois qu'elles ont transformé tout leur deutérium en hélium, elles rétrécissent peu à peu jusqu'à devenir aussi petites que Jupiter ...


TROIS CÉPHÉIDES BIEN DÉVELOPPÉES

Toutes les céphéides, ces étoiles variables communément utilisées comme indicateur de distance., sont-elles entourées d'une enveloppe de poussière ? C'est ce que suggère une équipe franco-américaine qui vient de découvrir, grâce aux interféromètres du VLT (Very Large Telescope - Chili) et du mont Wilson (Californie), un immense cocon de poussière autour de trois céphéides, dont l'Étoile polaire, aux propriétés différentes. Comment se sont formées ces enveloppes, deux à trois fois plus larges que leurs étoiles parentes ? Probablement lorsque ces dernières, en plusant, ont éjecté de la matière dans leur environnement proche. Une hypothèse qui reste à confirmer.


LE VOILE SE LÈVE SUR LES PLANÈTES
QUI TOURNERNT AUTOUR DE PULSARS

Le voile se lève sur les planètes qui tournent autour de pulsars, grâce au télescope spacial Spitzer. Depuis près de ving-cing ans, les astronomes se demandaient comment des planètes pouvaient se trouver en orbite autour d'étoiles à neutrons, ultimes vestiges d'astres ayant explosé en supernova ; en effet, le souffle du cataclysme devait vaporiser toute planète ... Un début de réponse est apporté par les récentes observations du pulsar 4U0142+61, situé à 13000 années-lumières de la Terre, dans la constellation de Cassiopée. Le télescope infrarouge Spitzer a détecté autour de cet astre un disque de débris probablement en cours d'agglomération. Ce disque - qui, à terme, devrait donner naissance à des planètes - serait né des restes mal dispersés de l'explosion de la supernova. Ainsi, les trois mondes telluriques débusqués en ratio des 1992 autour d'un autre pulsar, PSR 1257+12, seraient donc des planètes post-apocalyptiques ...

GA